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Un peu d'histoire

 

Construction du refuge

1. L’ancien refuge

En 1925, se tient à Grenoble, à l’endroit de l’actuel parc Paul Mistral, l’Exposition Internationale de la Houille Blanche. A cette occasion, le village de Saint Véran est reconstitué à taille réelle et le Club Alpin Français expose le premier refuge de Temple Ecrins (tandis que la STD expose le refuge Adèle Planchard).

 
Exposition Internationale de la Houille Blanche, 1925

Le refuge est ensuite transporté depuis Grenoble et assemblé à 2450 m, plus haut que le refuge actuel : il s'appelle alors refuge du Vallon de la Pilatte. Inauguré le 14 Juillet 1927, ce refuge en bois comporte 32 couchages. Il change de nom en 1928 afin d'éviter les erreurs d'itinéraire avec le refuge voisin de la Pilatte : il devient le refuge de Temple-Ecrins. 

Malgré la construction d’une étrave de protection, le bâtiment est bousculé par une avalanche en 1935 qui endommage essentiellement le dortoir. Le refuge est rapidement remis en état, mais il est intégralement détruit par une nouvelle avalanche en 1938.

  
Avalanche de 1935 / Archives CAF

 

  
 
© collection privée M. Gardent / DLG

 

2. Construction du bâtiment actuel

Il faudra attendre de 1941 à 1948 pour qu’un nouveau refuge soit construit par les membres des « jeunesse et montagne » via le plan de développement de la montagne soutenu par Lucien Devies (alors président de la commission Tr

avaux en Montagne). Plus de 120 jeunesses et montagne travaillèrent à Temple Ecrins, en se relayant par équipes de 25 hommes. Ils campent sur le plat du Carrelet qu’ils regagnent chaque soirs.

Construit en béton armé et semi-enterré, le refuge est conçu pour éviter d’être un obstacle aux avalanches. Les 60 tonnes de ciments nécessaires à cet ouvrage sont montées à dos de mulets. Du fait de la guerre, le chantier est long (voir même arrêté un certain temps).

Le refuge de Temple-Ecrins, dans sa version actuelle, sera inauguré le 24 Aout 1947.

Cette vidéo issue du site jeunesse-et-montagne.org en dit long sur la réalisation d’un tel chantier !

Le refuge de Temple Ecrins dans les années 1980 / Archives CAF

 

 

3. Rénovation du bâtiment


Durant l’été 2017 et le printemps 2018, le refuge de Temple Ecrins a fait l’objet d’importants travaux de réhabilitation portés par la FFCAM. Pendant cette période, il a été totalement fermé au public. L’objectif de ces travaux était d’améliorer les conditions d’accueil du public et de travail des gardiens. Ces travaux ont complété la rénovation de la toiture réalisée en 2015.

Les travaux suivants ont été réalisés:
- Réhabilitation complète des dortoirs. Les dortoirs ont été isolés et des couchages individuels ou par « box » de deux ou trois places ont été crées. L’un des deux dortoir a été divisé en deux permettant de créer deux pièces : un petit local technique et des douches. L’utilisation du bois rend ces espaces chaleureux et agréables. Le dortoir des guides a également été rénové : celui-ci n’est plus ouvert sur la salle à manger, mais fermé par des vitres laissant passer la lumière. La capacité du refuge est passée de 64 à 48 couchages.
- Réaménagement de la salle à manger et création d’un espace d’accueil.  La salle à manger est maintenant très lumineuse grâce à la grande fenêtre qui a été percée. Le poêle à bois permet d’y maintenir une température agréable.
- deux douches et deux lavabos ont été installés.
- Les fenêtres et la plupart des portes ont été changées
- La cuisine a été entièrement carrelée et pourvue de matériel en inox.
- Une extension accueillant un logement pour le gardien a été construite. 
- L’assainissement a été réalisé par le biais d’une station de traitement autonome composée d’une fosse toutes eaux dont le rôle est de décanter les eaux usées. Les flux sont ensuite répartis vers 3 cuves à filtre coco et les eaux ainsi filtrées évacuées dans le terrain naturel.
- Le captage d’eau et son transport jusqu’au refuge ont été totalement refaits. Une cuve de 3000 litres a été installée 30 au dessus du refuge, permettant d’alimenter le refuge avec un débit suffisant pour alimenter, douches, lavabos et cuisine. 
- En extérieur, la façade est a été rénovée et les volets métalliques changés. La terrasse, fortement impactée par la mise en place des cuves pour l’assainissement, a été aplanie et recouverte de graviers. Une terrasse en bois a également été construite afin de cacher les capuchons des cuves.

 

      

 

Pour plus d'infos sur les travaux réalisés à temple Ecrins: 

https://www.temple-ecrins.com/data/uploads/docs/travaux-te/pedagogique-templeecrins-v6.pdf

https://www.temple-ecrins.com/data/uploads/docs/travaux-te/temple_ecrins_dp_bd.pdf

http://www.ecrins-parcnational.fr/actualite/refuge-temple-ecrins-renovation-estampille


W.A.B. Coolidge

Le pic Coolidge doit son nom au célèbre alpiniste anglais qui en fit la première ascension le 14 Juillet 1877 accompagné de son guide Christian Almer.

William Augustus Brevoort Coolidge est né aux Etats-Unis en 1850. Alors qu’il a environ 15 ans, il part étudier l’histoire moderne et la jurisprudence en Angleterre. Il devient professeur d’histoire moderne et prend ses grades ecclésiastiques en 1882 et 1883.

Au cours de l’été 1865, W.A.B. Coolidge réalise sa première course d’alpinisme (traversée de la Strahlegg) alors qu’il accompagne sa tante Marguerite Brevoort lors d’un séjour en Suisse. C’est la révélation. Dès lors et pendant 35 ans, W.A.B. Coolidge se rendra chaque été dans les Alpes. Dans un premier temps, il visite les alentours de Chamonix et les Alpes Suisses où il rencontre le guide Christian Almer en 1868. Pendant plus de 15 ans il effectue la plupart de ses courses avec ce dernier, puis c’est son fils Ulrish Almer qui prend la relève.

C’est en 1870 que W.A.B. Coolidge se rend pour la première fois dans le Dauphiné, massif jusque là plutôt délaissé par les alpinistes. Il y effectue notamment les ascensions du Pelvoux, de l’Ailefroide, des Ecrins et du Doigt de Dieu. Puis, au cours de ses nombreux séjours dans ce massif, il sera le premier ascensionniste de nombreux sommets tels que l’aiguille méridionale d’Arve, le Pic de la Grave (1874), le Rateau, les Agneaux (1873), le Flambeau des Ecrins, le Fifre, le Pic Coolidge (1877), l’Ailefroide Occidentale (1890), les Bans (1878), le Gioberney, la Roche de la Muzelle (1875), le Sirac(1877), etc.

Contraint de renoncer à l’alpinisme dès 1900 (maladie), Coolidge rédige de nombreux écrits sur la montagne, tels que des guides (guide du Haut Dauphiné), des articles périodiques notamment pour l’Alpine Journal, des notes de dictionnaires et d’encyclopédies, mais aussi d’ouvrages plus importants (Alpine Studies).
Il meurt en 1926 dans son chalet de Grindelwald (Suisse) à l’âge de 76 ans.

Comme on l’aura compris, W.A.B. Coolidge fut un alpiniste passionné et un grand explorateur, en particulier des Alpes du Dauphiné. D’après la liste qu’il avait lui-même réalisée, Coolidge a effectué au total près de 1700 ascensions dans toutes les Alpes! Malgré son mauvais caractère légendaire, il était fidèle à ses compagnons de cordée : ses guides Almer père et fils, mais surtout sa tante Miss Brevoort et sa chienne Tschingel qui l’accompagnèrent souvent.

 

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